« Les contes sont d’abord un irremplaçable répertoire d’expériences sous formes de symboles : les Evangiles du peuple. Ce sont des histoires que l’on transmet oralement. Un conte est vivant, car il est le miroir de l’âme d’un peuple.» Marc Alain Descamps

Il y a la grande leçon de la Belle et la Bête qui vient qu’une chose soit aimée avant d’être aimable. La Belle et la Bête est une histoire douce amère, un chant sacré autour de termes aussi anciens que l’amour paternel, l’amour qui dépasse la laideur, l’amour rédemption. Illustration_La_Belle_et_la_Bete_-_Nicole_Claveloux7

La Belle et la Bête, c’est l’histoire éternelle, la symbolique amoureuse autour du beau et du laid, du bien et du mal. Mais il est aussi et surtout le testament de tous les amoureux envers celle qui aurait dû être là quand il n’y avait plus rien, celle qui sauve lorsque au bord du gouffre, une main amie, une main aimante vient à point pour nous éviter l’abîme sans nom.

La Belle sauve à la fois son père et la Bête en transférant à son amant son attachement à son père.

Le résumé de ce conte est ce que devrait être une vie, à savoir se sauver par amour et ici dans ce conte c’est sauver le père et sauver la Bête.

« Quand elle a fait son choix, la jeune fille peut transférer plus heureusement et plus librement cet amour oedipien pour son père si, par une sublimation, ce transfert semble offrir l’accomplissement tardif de son amour infantile pour son père : en même temps ; elle peut laisser s’épanouir son amour mûr pour un partenaire d’un âge accordé au sien.» Bruno Bettelheim

Saisir ce que la vie peut compter d’essentiel: aimer ou mourir, nous dit La Bête et qui malheureusement nous échappe encore et toujours. Cet hymne à l’Amour, cet incroyable mensonge est travaillé pendant toute la journée en utilisant comme support le conte “La Belle et la Bête” déclenchant des résonances avec notre propre vie et le premier du premier homme de notre vie qui se nomme Papa.

Chesterton dit : « Les contes de fées sont des choses tout à fait raisonnables. Il veut parler d’eux comme expériences, de miroirs de l’expérience intérieures, en marge de la réalité. C’est aussi ce que l’enfant comprend.»

Extrait du Conte « La Belle et la Bête » Madame Leprince de Beaumont